Les nouveaux médias, les réseaux sociaux…

Corinne VANMERRIS – 24 mars 2018

 

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Corinne Vanmerris est journaliste, Directrice des Études à l’École Supérieure de journalisme de Lille.

 

Après nous avoir présenté la formation à l’ESJ de Lille, axée sur la pratique professionnelle et sur la déontologie, Corinne Vanmerris a abordé les nombreux changements intervenus ces dernières années dans la profession. L’apparition des chaînes d’information en continu (France Info, C NEWS, BFM-TV…) a conduit à une accélération de l’information. Avec le développement des réseaux sociaux, les journalistes ont perdu le monopole de l’information ; de plus, l’information qui nous arrive par ces réseaux, est relayée par « nos amis » ; elle correspond donc à notre opinion, à nos attentes, et n’offre aucune ouverture sur autre chose. La sociologie de la profession a évolué : il y a moins de diversité dans l’origine sociale et culturelle des journalistes, il y a aussi une féminisation, mais surtout en bas de l’échelle. Les interlocuteurs des journalistes sont aujourd’hui des « communicants » professionnels.

 

Pour évoquer le problème de l’indépendance des médias, Corinne Vanmerris a choisi le cas du journal « L’ebdo » : hebdomadaire papier, indépendant, sans publicité, abordant tout ce qui préoccupe les gens, sans être suiveur, avec des correspondants dans les régions… mais qui n’a pas marché, faute d’avoir trouvé ses lecteurs. L’info n’est pas gratuite et rares sont les médias strictement indépendants en France ; l’exemple type est Médiapart, site internet, sur abonnement, sans publicité et qui marche depuis 10 ans !

 

Corinne Vanmerris a ensuite abordé le problème de la défiance du public vis-à-vis des médias. En effet, les journalistes ne sont pas populaires, dans le contexte actuel de défiance générale vis-à-vis des politiques, des responsables, des éducateurs… Les fausses informations, les « fake news », sont un sujet particulièrement préoccupant. Il circule autant d’informations d’origine inconnue que d’informations sourcées. La façon dont un sujet est traité a des conséquences importantes sur la manière dont l’information est reçue par le public.

 

Mais il y a de bonnes raisons d’espérer : la France est une démocratie où il y a une grande pluralité de l’information. Bien que les médias appartiennent à des industriels, il existe des garde-fous, il n’y a pas de porosité entre les actionnaires et la rédaction. L’Observatoire de la Déontologie de l’Information veille. La vérification des faits, le « fact checking », est une pratique de plus en plus réalisée. Et surtout, l’éducation aux médias est maintenant intégrée dans les enseignements, avec la collaboration des journalistes.

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