Le livre des Actes des apôtres souligne que les communautés chrétiennes primitives ne se sont pas contentées d’annoncer l’Évangile. Elles l’ont vécu. Elles lui ont donné chair. Au chapitre 6 nous assistons à l’institution des diacres qui seront chargés d’apporter aux veuves – figure de la vulnérabilité – une présence secourable. Le diacre, celui qui exerce la diaconie, est un serviteur – c’est le sens du mot grec diakonos. Ce qui fait la différence entre le diacre/serviteur et l’esclave (doulos en grec) c’est que le diacre est libre. C’est librement qu’il va apporter son aide, contrairement à l’esclave qui fait ce qu’on lui dit de faire, quitte à être le souffre-douleur de son maître. Le diacre, lui, n’est soumis à personne, mais il est le serviteur de tous ceux qui ont besoin d’aide.
Une Église de service
C’est dans cet esprit que travaille l’Entraide de notre paroisse. Imaginer ce qu’il est nécessaire de faire pour couvrir les besoins de nos contemporains, pour assurer l’égalité d’accès à tout ce qui est nécessaire pour avoir une vie accomplie. Vous connaissez les cours d’alphabétisation et de français qui sont organisés les mardis et jeudis après-midi. Vous savez que l’Entraide s’occupe de la convivialité en organisant un verre fraternel après chaque culte ainsi que la table de Mamré, un repas préparé après le culte du troisième dimanche du mois. Le 28 novembre vous participerez à la vente de l’Entraide qui est un excellent moyen pour tisser la fraternité et récolter les moyens financiers pour mener à bien ses missions.
Ces missions vont prendre une nouvelle ampleur avec les partenariats qui sont en train de se nouer. Cela permettra d’apporter notre aide à des actions qui sont déjà menées par d’autres associations, pour leur donner un meilleur impact. Différentes action diaconales seront proposées aux scouts, lycéens, étudiants et jeunes actifs. D’une manière générale, l’Entraide va faciliter l’engagement de chacun dans des actions qui permettent de rendre concret l’amour du prochain. C’est une manière de dire que l’Église est là pour rendre service, dans un monde où tant de gens passent leur temps à se servir.
Un phénomène d’entrainement
Nous n’avons pas l’idée de sauver le monde entier. Mais nous savons, à la lumière des récits évangéliques, qu’il est possible de nourrir une foule, avec 5 pains et 2 poissons au départ, parce que la mise à disposition des talents, des énergies, des idées, peut créer un phénomène d’entrainement. De proche en proche, l’amour peut se propager et changer profondément les situations. Comme dans le scoutisme, la pédagogie de l’exemple peut aider des personnes à découvrir qu’elles sont, elles aussi, en mesure d’apporter leur contribution personnelle à un monde plus vivable.
Se mettre à diaconer pour offrir de nouveaux degrés de liberté à nos contemporains, d’une part en leur donnant l’occasion de faire valoir leurs talents, de mettre à profit leur disponibilité, et, d’autre part, en accompagnant les personnes pour leur éviter une chute sociale, pour leur apporter le soutien nécessaire à la réalisation d’un projet ou, plus fondamentalement, pour ressusciter la dignité qui est parfois malmenée. Les services à rendre ne manquent pas. Les diacres qui forment l’entraide sont là pour coordonner les initiatives et donner les moyens de poursuivre l’œuvre créatrice de Dieu. Prenons notre part au dynamisme créateur de Dieu.
James WOODY